Passer enfin de l'autre côté de l'écran
Entendre ton rire sans plus de haut-parleur
Croiser ton regard sans plus de camera
Effleurer ta main mille fois par jour
Sentir toute la nuit le parfum de ta peau
Et partager nos confidences sur l'oreiller...
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Et si je te disais qu'il est plus facile de mourir
Que de vivre ainsi par défaut, par contumace ?
Et si je te disais que l'orgueil n'est pas une qualité
Lorsqu'elle est cause d'une si longue absence ?
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On fait ses bagages avant d'être mis à la porte
On envisage une volte face pour parer le coup de gueule
On se révolte, on hisse le pavillon rouge sang
On claque la porte en exultant, on crie victoire en désertant
Et le drapeau rebelle perd sa couleur et passe au blanc...
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Et si je te disais qu'on ne devrait jamais renoncer
Lorsque c'est le coeur qui donne ses consignes ?
Et si je te disais qu'il est plus facile de vivre en luttant par amour
Qu'en renoncant à se battre contre des moulins à vent ?
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La peur du silence dans le noir, la peur du vide, du rien
Seul mort-vivant, dans le néant mortellement figé
Entre le ciel et le magma en fusion, dans un lieu sans mouvement
La peur de ne plus jamais lutter contre le mauvais sort
De ne plus jamais pouvoir tenter de déplacer les montagnes
On se sent comme un guerrier sans cause, un dessein sans motif...
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Et si je te disais que c'est pas vivable, cette existence virtuelle
Qu'il est urgent de crever l'accès, de briser la glace de ce cybermonde ?
Et si je te disais qu'il m'est moins facile de poster des sourires à la ronde
Que de te prendre simplement dans mes bras, sans plus aucun intelligent artifice ?
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Alain (Nickel-Crumb / 2006)