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RETOUR EN FLAMMES
26/01/2008 00:40
L’aube jouait à nuancer ses roses, Entre le gris de l’eau sale des trottoirs Et le bleu promis de ses déchirures de ciel, Et j’arrivais en vrac, après treize heures de vol sans fumée…
Même à la douane, la fille avait compris, Même dans la zone flottait un drôle d’air, Je rentrais pour la dernière fois d’un drôle de coin, Et j’allumais ma première cigarette aux portes de CDG…
Voilà, man… C’est fini..! Fini les voyages transatlantiques, les airs d’ailleurs, Les alibis à dévoiler pour justifier un certain décalage, Fini les attitudes permises à ceux qui débarquent de nulle-part…
Toute une identité à refaire, tout une schizophrénie à revoir, À retrouver à nouveau dans un monde parfaitement achevé, Sans espoir de s’y présenter en visiteur étrange de passage, Toute une personnalité à inventer encore, sans tricher…
Le gros chat s’approcha pour trier mes affaires, Jetant aux vidanges mes versions trop latines d’une belle province, Déchirant mes images d’un paradis perdu dans la poudrerie, Et je n’avais rien à plaider pour ma cause ridicule…
Français de France, métropolitain né dans le Sud-ouest, Juste oublier ces Boeing et ces Airbus à prendre pour l’Amérique, Juste se dire que ce fut un merveilleux moment passé, Juste revenir enfin à la réalité d’un monde que je fuis depuis toujours…
Le gros chat me regarde d’un œil amusé, me demande si tout est ok, Mon ange me somme de ne pas tomber en larmes sur son épaule galonnée, Je fais mon possible, je prends la droite attitude, les reins bien cambrés, Tout va bien, même si l’aéroport de Paris est dans le brouillard, ce matin…
Un regard sur tout le beau monde qui arrive aux zones de départ, Des costumes griffés, des filles à poser sur la Une de Voilà-People, Des gamins glissant sur leur rollin’shoes, des banquiers koweitiens, Tous avec leur sac-cabine à roulettes, avec cet air étrange d’une vie en transit…
L’aube jouait à nuancer ses roses, Entre le gris de l’eau sale des trottoirs Et le bleu promis de ses déchirures de ciel, Et j’arrivais en vrac, après treize heures de vol sans fumer…
Dans un coin abrité du vent, je voyais les taxis débarquer le stock, D’autres moins officiels attendre le client, et je pensais déjà à mon dernier vol, Celui qui me conduirait chez nous, dans ma vieille maison de pierres, À quelques kilomètres du cimetière où j’ai laissé la moitié de ma famille...
Paris, juste une pause-tabac, un lieu étrange pour un gars de nulle-part, Comme Montréal, comme partout en vérité: Je suis d’ailleurs, pour la vie! Ma fille cadette à l’arrivée, un espace de famille à prendre en douce, Il fait si beau, c’est le Sud, et je range une seconde ma peau de phoque…
Le gros chat me sourit, comme pour m’encourager gentiment, J’ai tant de projets à conclure ici, dans mon coin ultime, Je vais faire mon possible, et si tout va bien, je serai bien, Même si tout m’est si redoutable, en ce premier jour de retour aux sources.
DSMoon (Mars 2007)
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Commentaire de GINETTE (26/01/2008 15:59) :
Alain c.est très beau j.adore te lire quand c.est doux et que tu cris pas
.Merci de ta grande visite sur mon blog ce qui est rare mais ce qui est un
plaisir pour moi .Alain arrete de dire vieux tu es pas vieux pour moi tu
es un ptit nours tout mini gentil et doux a tes heures .Tu as vu la
traduction de ta cop fanou sur mon blog de ma chanson claire c.est très
beau je la mettrai ce soir bye alain et soit heureux .
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Commentaire de cathy7302 (28/01/2008 15:58) :
Je comprends bien ce sentiment, cette nostalgie qui t'enveloppe comme
un vieux manteau.
Et pourtant...la vie continue...
Tendrement,
Cathy

http://cathy7302.vip-blog.com
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