C'est si simple, la vie:
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Tu tombes en amour pis tu fais ton possible pour ne pas en revenir...
Sinon, c'est le réveil, comme souvent à l'aube d'un lundi de job...
Tu t'appliques à continuer ton film, tu en fais le montage, tout le reste...
Tu plantes le décor, la maison, les enfants à faire, pis les soirées au coin du feu...
Tu trouves les fonds, les banques, le job, le voisinage et le look adéquat...
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Un jour, tu ne comprends plus le scenario, tu te poses des questions génantes...
Un matin, tu te demandes pourquoi tu en es là, à ce point loin de ton monde...
Un soir, tu te surprends à chialer devant un vieux 33 tours de Bashung...
Une nuit, tu ne reconnais même plus la respiration de la fille qui dort avec toi...
Bien sûr, tu as des bébés à supporter comme un hooligan de foot-ball...
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Evidemment, tu es le fauve dans ton territoire, le lion de ta tribu...
Evidemment, tu risquerais ta vie pour ton petit groupe familial...
Evidemment, tu as le mérite de croire en ces normes établies...
Evidemment, tu restes le même, le même gamin en manque...
Et tu cherches encore en vain la chaleur qu'il te manque depuis toujours...
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Et si un jour tu es banni au nom du Peuple français, tu restes debout...
Tu restes l'animal blessé que tu as toujours été, sans âme, sans honneur...
Tu restes vivant malgré les coups, et tu lèches tes plaies ouvertes...
Tu te roules dans la boue pour panser tes blessures, tu t'endors dans fossé...
Tu passes tes jours dans les haies vives et tes nuits parmi les chacals du coin...
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C'est si simple, la vie:
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Tu rêves d'un autre amour pis tu fais ton possible pour y croire vraiment...
Sinon, c'est le jeu du chat et de la souris, à qui sera le prédateur ou le gibier...
Tu consoles la fille battue, tu fais chanter une sirène, pêches un poisson-chat...
Tu mets ton nez dans tous les coins à fouiller à corps, à en jouïr à l'envie...
Tu plantes des corps inconnus dans des draps neufs, tu assumes les abandons...
Tu trouves des seins à frôler, des hanches à malaxer, des cuisses à ouvrir...
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Un jour, tu te lasses de ces épisodes dans ta petite maison dans la prairie...
Un soir, tu as soif de croisière sentimentale, de confort bourgeois...
Un jour, tu découvres ton besoin de valeurs plus éternelles, de bonheur vécu...
Un matin, tu mets toute la cour à la porte, tu t'isoles côté jardin...
Et tu sais que la prochaine sera différente, car elle sera la seule à jamais...
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Evidemment, tu as un casier à traîner comme autant de casseroles...
Evidemment, tu es trop lucide pour voir la vie en rose sur un bonbon...
Evidemment, ton expertise te détourne des expériences en aveugle...
Evidemment, tu as appris à écouter ton coeur et ta vieille logique...
Et tu finis par fondre devant une folle qui passe, juste parce que c'est elle.
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Et si un jour tu es trouvé noyé près d'un dock, tu auras fait ta route...
Tu n'es pas un objet de désir, ni un complément indispensable...
Tu restes ce que tu es, et seulement cela, mais entièrement cela...
Tu restes ce corps qui respire et qui brûle ses calories jusqu'au bout...
Tu restes cet animal humain qui passe comme un signe dans le ciel.
DSMoon*** (Vivant / 2006)