Jamais déçu, le petit chat... Jamais perdu dans la zone d'ombre, toujours retombé sur ses pattes
Il a brûlé des livres de charbon ardent, il a sauté des lignes de front, passé le Fleuve Noir en revue
Jamais peur, le petit minou... Jamais de fuite en avant, toujours plus haut pour surpasser l'inévitable
Bouche cousue devant les talons-aiguille, les yeux mi-clos à l'entrée des artistes, sur le qui-vive.
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Elles osaient une nuisette orange comme un coucher de soleil en Hollande, ou portaient un string rouge vif,
Elles épiçaient les plats de coriandre ou de basilic, parfois même de sel de Guérande et de poivre blanc
Elles savaient bouger comme des algues au fond d'un aquarium, savaient peut-être danser aussi
Lui ronronnait sur le bord de la fenêtre ouverte, dans le courant d'air électrique d'un été sans borne.
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Elles glissaient un regard vers lui et souriaient ensuite, rassurées et heureuses de le voir en paix
Elles lançaient un mot doux, comme un appel de phare, lui demandaient si tout allait bien
Elles s'avancaient soudain et posaient un baiser sur son museau ou dans son cou
Lui ne pouvait rien dire, du haut de son arbre, comment dire le Mal sans tenter le Diable ?
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Elles avaient filé des toiles d'attente à la belle étoile, sous des cieux plus riches en voie lactée
Elles avaient fait leur beurre avec des crèmes d'homme, des papas gâteaux, des rois du dessert
Elles avaient échoué leur débarquement sur l' île flottante, et oubliaient tout dans le chocolat
Lui comptait les vols de nuits dans la brume, les beaux moutons noirs de ses nuits blanches.
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Jamais déçu, le petit chat... Jamais perdu dans la zone d'ombre, toujours retombé sur ses pattes
Il a déchiré des voiles de deuil sur les souvenirs encadrés, laissé aux chiens battus les cicatrices
Jamais peur de rien, le petit minou, pas de la mort, même pas des regrets, même pas d'aimer
Immobile au passage de la caravane, attentif à la moindre chaude alerte, toujours sur le qui-vive.
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DSMoon*** (Caterpolair / 2006)