UTOPIE
Nous accastillerons un bateau de fortune
Fait de bois vermoulu et de mâts de cocagne
Nous le mettrons à l'eau dans ce port de la lune
Là où nous sommes nés ô ma douce compagne
Nous appareillerons avec quelques amis
Quand la furie des vents enflera par l'arrière
Nos voiles d'artimon nos génois affermis
Et nous prendrons le cap folie aventurière
Ivresse d'océan démence de la mer
Les yeux des nuages étoilés de merveilles
Nous clignerons la route vers des lieux d'outre mer
Où nous accosterons quand le soleil s'éveille
Puis nous débarquerons nos plus beaux souvenirs
Nos rêveries lascives nos songes virtuels
Dans ces îles du loin lumineux avenir
Qu'il nous faudra saisir comme un don actuel
Et nous inventerons des nouveaux mots d'amour
Mais que nous comprendrons seulement de nos mains
Nos yeux et notre peau la caresse d'amour
Comme seul langage du nouveau genre humain
Nous nous sustenterons de chimères dorées
De l'ambre de ton rêve et des vastes épis
Des guerres disparues et des paix adorées
Et nous baptiserons cette terre utopie.
TRISTESSE
Je ne sais plus déjà la couleur de tes yeux
Le velours de ta peau la douceur de tes mains
Le parfum de ton corps la fierté de tes seins
Et le son de ta voix il m'en souvient si peu
Pourtant nous étions sûrs de nos dures conquêtes
De nos corps accordés comme des instruments
Qu'on apprend a dompter à deux très patiemment
Et qui soudain éclatent pareils à la tempête
Pareils à la tempête violente et brutale
Aveugle perversion que les marins abhorrent
Mais qui s'évanouit mourante près du port
A ne plus soupçonner quand la mer est étale
Je ne vois plus déjà tes cils longs et soyeux
Barrant un regard clair sur des cernes lesbiens
Ton ventre frémissant qui montrait le chemin
A ma bouche assoiffée il m'en souvient si peu
Il m'en souvient si peu que je ne peux pas croire
Cette folle passion détruite, anéantie
Ou alors simplement parce que je suis gris
Triste et las à la fois n'ai je plus de mémoire
Alors que vient l'été saison des amours vives
Si mon âme est perdue mon coeur aimerait bien
Que dans mon sang veineux t'instilles ton venin
Pour essayer encore, ultime tentative
Je ne sais plus déjà la vigueur de ce feu
Tes lèvres enflammées, bouche au goût de raisin
Ou j'aimais me brûler ce feu jamais éteint
Ces braises écarlates il m'en souvient si peu
Pourquoi avoir jeté le voile de l'absence
Sur nos serments de nuit et nos guerres avortées
Rien pire que l'oubli mais à la vérité
Je veux me souvenir pour une renaissance
Je gueulerai mes mots à la porte des cieux
Je choisirai le vent pour qu'il porte vers toi
Mes cris de chien usé et mon besoin de toi
Et même s'il le faut je supplierai les dieux
Je voudrais resavoir la couleur de tes yeux
Le velours de ta peau, la douceur de tes mains
Le parfum de ton corps la fierté de tes seins
Et le son de ta voix l'entendre je le veux.
Contacts:
Bernard@bellot.fr.st
Le site web de Bernard Bellot